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2024-02-09 18:25:33 3

Réduire l'impact néfaste du pouvoir géoéconomique des multinationales en RDC, Proposition du Prof. Muhindo Mughanda

Le Collège des Hautes études de Stratégies et de Défense (CHESD) de la République Démocratique du Congo organise du 8 au 10 Février 2024 son 7e séminaire Régional autour d’une thématique générale « Guerre dans l’Est de la RDC, quelles solutions durables préconiser au niveau national et au niveau régional ?

Le collège de Hautes Études de Stratégies et de Défense (CHESD) est une école de formation civilo-militaire de niveau post-Universitaire qui appartient aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo, labellisée Centre d’Excellence Stratégique de la CEEAC.

Cette école assure chaque année des enseignements stratégiques et opérationnels à travers deux sessions à savoir, une ordinaire (d’octobre à Juillet) et la session spéciale qui dure environ Six mois. La première est destinée essentiellement aux officiers généraux et colonels des Forces Armées et des Polices Africaines (bien que les originaires de la RDC soient majoritaires); la seconde est destinée aux hauts cadres de l’administration publique et privée, aux autorités Politico-administratives, aux chercheurs et aux journalistes.

Depuis 2018, le CHESD organise un séminaire Régional axé sur les problématiques sécuritaires en Afrique Centrale. Pour l’année 2024, le 7e séminaire régional réunit environ 300 personnes constituées des auditeurs des sessions spéciales et ordinaires, officiels, chercheurs et invités; dans l’amphithéâtre Tshanzu du CHESD.

C’est dans ce cadre que le Recteur de l’Université de Goma, le professeur Muhindo Mughanda, l’un de panelistes en deuxième journée de ces échanges a argumenté sur le paradigme d’une nouvelle politique de la RDC face au pouvoir géoéconomique des multinationales.

Le professeur Muhindo Mughanda sur vidéo-conférence est parti des paradigmes essayés par l'Etat congolais pour faire face au pouvoir socio-économique des multinationales. Il a ensuite abordé les paradigmes activés par certains États pour faire face au pouvoir géo-économique des multinationales. Et pour finir, il a fait un point sur ce qui est déjà fait par la RDC et ce qui reste à faire.


Pour le Recteur de l’UNIGOM, la RDC a essayé dans son histoire essentiellement trois paradigmes dont le premier est celui du paradigme de la dépendance. Il explique qu’au lendemain de l'indépendance, l'Etat congolais ne pouvant se passer de la métropole, a conjugué avec la Belgique pour la survie des entreprises nationales. Les multinationales n'ont pas alors manqué à créer ou appuyer la déstabilisation du pays (Sécessions, assassinats de certains hommes politiques...).

Le deuxième paradigme est celui de la nationalisation à travers laquelle, pour atténuer l'influence des multinationales, le régime Mobutu a procédé à la nationalisation (zairianisation) des entreprises étrangères. Il s'est en suivi la déstabilisation et le coup d'Etat. En troisième lieu, il a évoqué le paradigme de la porte ouverte. Le Professeur Mughanda infique que tout le monde peut investir en RDC. Le besoin de protéger les investissements et de gagner plus, a chuté dans la déstabilisation (création et le financement des groupes armés).

Dans la suite, l’Etat congolais dans la recherche de ses intérêts a modifié le code minier. Le mécontentement des multinationales est à compter parmi les causes de la chute du régime Kabila. Le régime Tshisekedi creuse du côté de la sous-traitance, du corridor industriel et la révision des contrats léonins. Ces mécanismes ne sont jusque-là pas en étape d'être evalués. Il y a tout de même lieu de se demander si ces projections ne sont pas de nature à mécontenter les multinationales pour les faire participer à la déstabilisation du régime Tshisekedi.

 

En réponse à la question relative au paradigme salutaire pour la RDC face au pouvoir géo-économique des multinationales, le professeur Muhindo Mughanda part des formules mises en place par certains États (Brésil, Namibie, Botswana, Nigeria, Singapour...) qui ont traversé les situations similaires à celle de la RDC.

Il envisage de faire recours d’abord à l’expertise nationale où l’Etat obtient 60% du personnel de l’entreprise ; d’où l'éducation et la recherche devront être financées pour avoir un personnel national qualifié. Deuxièmement, la création des oligarques nationaux pour que les riches nationaux constituent un contrepoids dans la prise de décision au sein des multinationales, ou contre les multinationales étrangères; et enfin la bonne gouvernance. Ce chercheur indique que la bonne gouvernance dans ses aspects de répartition équitable des ressources nationales et de lutte contre la corruption est un moyen d’atténuation de l’influence des multinationales.


De ce qui précède, la RDC a redynamisé l'IGF pour lutter contre la corruption et l'activation de l'autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé.

Sur les stratégies déjà utilisées par la RDC et d’autres Pays cités précédemment, pour Muhindo Mughanda, expert en Relations Internationales, l’anneau manquant pour sortir de la crise en RDC c’est la distribution équitable des moyens de l'Etat et la cohésion nationale car la répartition déséquilibrée crée des frustrations favorables à la déstabilisation. Il ajoute que l'identification des congolais par appartenance ethnique fragilise le tissu national, et pour y remédier, il faudra l’interconnexion qui permettra de créer une identité nationale défavorable à la déstabilisation via l'influence des multinationales.

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